Sommaire
I. Causes des durillons plantaires
II. Symptômes des durillons plantaires
III. Traitement des durillons plantaires
IV. Prévention des durillons plantaires
Introduction
• Définition : qu’est-ce qu’un durillon plantaire ?
Le durillon plantaire est une des pathologies, si ce n’est LA pathologie que je rencontre le plus fréquemment en consultation. Pour briller en société le terme scientifique désignant cette affection est : hyperkératose, ou, pour traduire simplement ; trop de kératine.
Mais qu’est-ce que la kératine ? Elle est produite au niveau des couches profondes de la peau par des cellules appelées kératinocytes. La kératine constitue également les cheveux, les poils, mais aussi les griffes, les sabots ou les cornes chez les mammifères (d’où son appellation populaire de « corne ». Il est à noter que certains utiliseront aussi le terme de « callosité » ou encore « induration » pour la qualifier). On me demande souvent si les durillons sont liés à un excès de calcium ? eh bien non ; un durillon est composé de carbone (qui fait sa dureté), d’oxygène, d’azote, d’hydrogène et d’un peu de souffre (qui donne la couleur plutôt jaunâtre de la kératine)
• Comment se forme un durillon ?
Lorsque la peau subit une agression de façon répétée, comme une pression ou un frottement, notre organisme déclenche une réaction inflammatoire. Les kératinocytes, dont nous avons parlé plus haut, se mettent à produire plus de kératine. Au départ, ce mécanisme a pour but de protéger la peau agressée, mais, avec le temps, l’excès de kératine peut lui-même devenir douloureux ; formant comme un caillou, le durillon, qui comprime les tissus et les chairs situés juste en dessous.
I. Causes des durillons plantaires
• La pression et le frottement
Il existe 2 types de mécanismes qui peuvent causer des durillons : la pression et le frottement. Le durillon plantaire, par exemple, se forme généralement lorsqu’une pression excessive est exercée sur l’avant-pied, comme lorsque l’on porte des chaussures avec des talons trop hauts ou que l’on souffre de surpoids.
Le durillon induit par frottement, quant à lui, se forme généralement lorsque la peau est frottée contre une surface dure, comme les os des orteils ou l’empeigne des chaussures.
Les zones du pied les plus touchées sont :
– Les orteils, du fait de la pression exercée sur ces derniers lorsque l’on porte des chaussures trop étroites ou trop hautes.
– Les durillons sur les côtés du pied, sont causés par la pression exercée sur le bord des pieds lorsque l’on marche ou lorsque l’on porte des chaussures qui ne sont pas assez larges.
– Les durillons au talon, lorsque l’on marche, le talon se pose en premier et amorti l’appui. Cette pression excessive et répétée entraîne la formation de corne.
• Facteurs favorisants
Il existe plusieurs facteurs favorisants l’apparition de durillons aux pieds. Les principaux facteurs de risque incluent :
– Le port de chaussures mal ajustées ou inconfortables, comme des chaussures à talons hauts ou des chaussures serrées
– Le port de chaussettes ou de bas mal ajustés
– La pratique d’une activité physique qui implique de longues périodes de marche ou de course à pieds
– Le diabète, qui peut causer des troubles de la sensibilité des pieds et une altération de la circulation sanguine. La peau des patients diabétiques est plus sèche et plus fine, et donc plus sujette aux frottements et aux pressions.
– Les maladies qui affectent le système circulatoire, comme l’artérite ou les maladies veineuses chroniques.
– Les maladies de la peau, comme le psoriasis ou l’ichtyose.
II. Symptômes des durillons plantaires
- Douleur
La douleur est l’un des symptômes les plus courants d’un durillon. Le plus fréquemment, les patients décrivent une sensation d’échauffement. Cette douleur est plutôt mécanique, lorsque vous marchez ou portez des chaussures et peut varier en intensité, allant d’une gêne légère à des douleurs intenses. Elle est généralement localisée sur une zone spécifique du pied, comme les talons, les orteils ou les côtés des pieds.
- Inflammation
L’inflammation est un autre symptôme courant des durillons. Elle se caractérise par une rougeur et une chaleur dans la zone touchée, ainsi que par une vive sensation de brûlure. L’inflammation est causée par l’irritation de la peau due à la pression ou à la friction répétée.
Elle peut également être causée par une infection bactérienne ou fongique. Si vous ressentez une inflammation dans une zone de votre pied, il est important de consulter un médecin ou un podologue pour en évaluer la cause et éventuellement traiter l’infection.
Il est possible de soulager l’inflammation en utilisant des crèmes hydratantes, anti-inflammatoires ou des compresses froides.
- Complications
Outre l’inflammation, un durillon peut s’aggraver en évoluant en cors sur les zones où la contrainte est maximale.
Il est possible également de voir apparaitre un hématome sous la couche cornée. La surépaisseur applique une pression telle sur la peau qu’un saignement profond va se produire et coaguler dans le durillon. On distingue alors des tâches noirâtres figées dans l’épaisseur de corne.
Enfin, notamment chez les patients diabétiques ou artéritiques, la peau présente sous le durillon peut aller jusqu’à s’ulcérer du fait de la pression et de l’ischémie (privation de sang) créée par la corne. Cette ulcération peut encore s’aggraver via une infection bactérienne.
III. Traitement des durillons plantaires
- Traitement à domicile
Il est important de préserver la souplesse de la peau de ses pieds. Utilisez une pierre ponce ou une râpe électrique pour enlever la peau morte puis appliquez une crème hydratante. Il est recommandé néanmoins de ne pas réaliser ce soin plus de 2-3 fois par mois. En effet, limer trop souvent vos pieds va finir par stimuler la production de kératine à cause du frottement généré par le soin lui-même.
Les protections en mousse ou en silicone peuvent être utilisées pour protéger les zones touchées contre la pression et la friction.
Il est aussi possible d’utiliser des crèmes ou des pommades spécifiques contre les durillons (dites kératolytiques) qui permettent de ramollir les zones touchées pour pouvoir les enlever plus facilement. Il est important de noter que ces traitements ne sont pas toujours efficaces et qu’en fonction de votre état de santé, il peut être nécessaire de consulter un médecin avant de les utiliser.
- Traitement en cabinet médical
Si les soins maison ne suffisent pas, il sera nécessaire de consulter un professionnel de santé. Les professionnels de santé tels que les podologues ou les dermatologues peuvent proposer des traitements en cabinet adaptés pour éliminer vos durillons. Ils sauront également vous conseiller afin de prévenir sa réapparition.
Les traitements en cabinet peuvent inclure :
– L’ablation du durillon : le durillon est enlevé à l’aide d’un bistouri. Bien qu’impressionnante, cette intervention est généralement indolore. Le durillon est une épaisseur de peau morte, donc insensible.
– La dermabrasion : cette technique consiste à utiliser un outil abrasif pour enlever la couche supérieure de la peau cornée.
– L’application de crèmes médicamenteuses : des crèmes contenant des principes actifs tels que l’acide salicylique ou l’urée peuvent être appliquées pour aider à ramollir le durillon et faciliter son élimination.
– La cryothérapie : cette technique consiste à utiliser un produit congelant pour détruire les cellules cornées.
Il est important de noter que ces traitements peuvent causer des douleurs et des rougeurs temporaires.
Bien que gênant, le durillon est à la base une protection. La peau saine qui se trouve en dessous, plus habituée à se retrouver en contact direct avec le sol ou la chaussure, aura alors une sensibilité exacerbée 24 à 48h après le soin.
- Semelles orthopédiques
En plus d’un soin de pédicurie en cabinet, votre podologue pourra vous proposer de concevoir une paire de semelles orthopédiques adaptée à vos besoins.
Les semelles orthopédiques sont un outil efficace dans le traitement des durillons plantaires. Elles ont pour objectif de soulager la douleur et de réduire la pression et la friction sur les zones touchées. Les semelles orthopédiques remplacent les semelles basiques présentes dans vos chaussures. Elles peuvent être thermoformées, monoblocs ou classiques et sont réalisées sur mesure pour s’adapter à tous les cas cliniques (sportifs, enfants, pieds plats, pieds sensibles, etc.…). Elles permettent de maintenir la souplesse de la peau et de ralentir, voire d’éviter l’apparition de la corne. De plus, les semelles orthopédiques contribuent à améliorer la posture globale et à soulager les douleurs articulaires et musculaires.
Il est donc important de consulter un podologue pour évaluer si des semelles orthopédiques sont nécessaires pour traiter vos durillons.
- Traitement chirurgical
Le durillon en lui-même fait très rarement l’objet d’une intervention chirurgical. Dans les cas où le durillon est très important, le traitement consiste à enlever chirurgicalement la zone affectée. Il est généralement réalisé sous anesthésie locale et peut nécessiter une hospitalisation. Cependant, il est important de noter que ce traitement chirurgical est utilisé en dernier recours car il peut entraîner des cicatrices gênantes et des complications pour la marche.
Plus généralement, on opère les patients lorsque les durillons sont dus à des déformations articulaires des pieds comme l’hallux valgus ou les orteils en griffes. Le chirurgien orthopédique corrige la posture du pied, réglant ainsi les problèmes de durillons qui en résultaient.
IV. Prévention des durillons plantaires
- Choix des chaussures
Pour prévenir les durillons plantaires, il est important de choisir des chaussures qui conviennent à votre pied. Les chaussures doivent être confortables, amortissantes, ne pas être trop serrées ou trop étroites, et doivent être adaptées à l’utilisation que vous en faites (marche, sport, travail, etc.…).
Il est également important de changer régulièrement de chaussures, car les chaussures usées, souvent déformées, peuvent causer des frottements et des pressions excessives sur les pieds. Il est conseillé de porter des chaussures avec des talons bas et des semelles souples pour éviter les pressions excessives sur les pieds.
Il conviendra de vérifier occasionnellement la taille de ses chaussures, car les pieds peuvent changer de taille au cours de la vie. Un pied qui s’affaisse par exemple va s’étaler dans le sens la longueur. Certaines pathologies, comme l’arthrose peuvent déformer les orteils « en griffes » ; cette rétractation des orteils aura pour conséquence d’avoir des pieds moins grands.
Enfin, il est possible d’avoir les pieds et les jambes qui gonflent, notamment en fin de journée, à cause de la pesanteur et/ou d’une mauvaise circulation sanguine. C’est ce qu’on appelle un œdème vespéral. C’est pourquoi il est plus judicieux d’essayer une nouvelle paire de chaussures le soir après une bonne journée debout. Les pieds auront a priori leur volume maximum, vous permettant de choisir votre pointure en conséquence.
- Entretien des pieds
L’entretien des pieds est une partie importante de la prévention des durillons. Il est important de maintenir vos pieds propres et hydratés pour éviter ou ralentir la formation de la corne. Voici quelques conseils pour entretenir vos pieds :
– Lavez vos pieds tous les jours avec de l’eau et un savon gras. Les savons gras contiennent des graisses et des huiles qui aident à maintenir la barrière cutanée intacte. Il est important de choisir un savon gras adapté à votre type de peau, et de l’utiliser régulièrement pour maintenir vos pieds en bonne santé.
– Hydratez vos pieds après la douche avec une crème hydratante adapté. Veillez à bien masser les zones les plus touchées par les durillons.
– Exfoliez vos pieds régulièrement pour éliminer les cellules mortes de la peau. Utilisez une pierre ponce pour éliminer régulièrement les callosités.
En entretenant régulièrement vos pieds, vous pouvez réduire considérablement le risque de formation de durillons et maintenir vos pieds en bonne santé.
- Adaptation des chaussettes
Les chaussettes peuvent également contribuer à la formation de durillons plantaires. Il est donc important de choisir des chaussettes qui s’adaptent bien à la forme de vos pieds. Les chaussettes en coton et en laine sont les plus recommandées car elles absorbent plus l’humidité et protègent mieux les pieds contre les frottements.
Il est également important de respecter les tailles des chaussettes pour éviter les frottements et les pressions inutiles.
- Traitement des facteurs de risque médicaux
Il est important de traiter les facteurs de risque médicaux qui peuvent causer ou aggraver les durillons.
Par exemple, les personnes atteintes de diabète doivent surveiller leur glycémie et maintenir une bonne hygiène des pieds pour prévenir les durillons.
Les personnes atteintes d’artérite doivent également s’assurer qu’elles ont des chaussures appropriées et des semelles orthopédiques pour soulager la pression sur les pieds et favoriser la circulation sanguine.
Les personnes souffrant d’obésité doivent perdre du poids pour réduire la pression sur les pieds.
Il est important de consulter un médecin ou un spécialiste pour traiter les facteurs de risque qui peuvent causer ou aggraver les durillons plantaires.
Conclusion
Vous savez tout sur les durillons plantaires. Si vous avez suivi tous ces conseils, vos pieds devraient être aussi doux que ceux d’un bébé. Mais attention, le durillon n’est pas une pathologie à prendre à la légère. Si vous en remarquez sa présence, n’hésitez pas à consulter un médecin ou un podologue. N’oubliez pas non plus de prendre soin de vos pieds de manière générale : des chaussures confortables et adaptées, une hygiène rigoureuse et de temps en temps, un massage relaxant. Avez-vous des remarques ou des questions sur le sujet ? Partagez-les dans les commentaires !

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